Cultivons notre intelligence émotionnelle.

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Nous partions juste après le petit déjeuner. Tout le monde était content. « Ninounet », petit nom dont on affublait mon rejeton lorsqu’il était petit, était ravi aussi. Nous savions que nous allions passer un chouette moment et faire le plein de bonnes choses à manger pour le week-end. Dés notre arrivée les effluves fortes et délicieuses de La Brûlerie des Ternes nous appelaient pour un petit café parfumé.

Le marché Poncelet près des Ternes était à mon sens l’un des plus beaux marchés de Paris. Une ambiance de village sympathique, des produits de super qualité, des commerçants bienveillants heureux d‘être là, des habitués contents de faire leur marché tranquillement, des sourires à chaque étal, voilà ce qui nous attendait rue Poncelet et Bayen le samedi matin, il y a de ça une quinzaine d’années maintenant.

Le petit sur les genoux, les paniers de courses posés à nos pieds, nous avalions nos cafés sur la petite table devant la boutique, été comme hiver. Ce petit voyage sensoriel, furtif et addictif, était devenu une étape incontournable de notre parcours. Nos cafés encore brûlants, nous laissaient un goût chaud de caramel ou d’ épices dans la bouche et nous repartions, contents, vers les primeurs. Il nous restait beaucoup de produits à acheter. A peine deux mètres plus loin Ninounet faisait son show. Il voulait un chocolat chaud. Il penchait la tête sur le côté et regardait son père avec les même yeux suppliants que le chat de Shrek. « Allez ! Steuplé P’pa ! » Son père cédait à chaque fois.

Et ainsi va le cacao qu’on s’asseyait à nouveau !

chocolat viennoisPour accompagner Ninounet, nous mangions des Strudel aux pommes dans la pâtisserie de spécialités allemandes en buvant nous aussi un chocolat chaud. Il était presque l’heure de déjeuner. « Le petit n’aura plus faim ce midi » je précisais à chaque fois. Les garçons se souriaient et faisaient semblant de ne pas m’entendre. Ils se mettaient d’accord pour un autre Strudel, une part de Sachertorte et une part de Forêt-Noire que nous nous partagions parce que finalement nous ne déjeunerons pas ce midi. C’était couru d’avance, nous le savions tous les trois en arrivant puisque cela finissait toujours ainsi mais ils étaient fiers d’avoir battu « la raisonnable et ses légumes», c’est-à-dire moi. Je leur laissais la victoire. Le petit mangeait pour trois préférant rester sur les genoux de son père qui lui caressait la tête d’une main balsamique. Il faisait froid mais les chocolats viennois nous donnaient chaud. Nous enlevions nos blousons.

spagetti-pâtesNous réfléchissions au diner. Ne pas oublier de prendre de la coriandre, du basilic, des oignons, des anchois, de l’ail, des câpres, du parmesan en copeaux, du vin rouge et des olives noires. Tous les dimanches soirs, le père de Ninounet préparait des pâtes aux olives pour ses amis, un autre rituel heureux, un autre partage, il ne fallait rien oublier. Ninounet courait partout et n’avait pas voulu enfiler son manteau comme d’habitude. Sortis du marché, les bras chargés, l’étape habituelle suivante était donc de râler sur notre progéniture, qui affichait un air olympien et une belle moustache de chocolat sur sa bouille puis de nous rendre à la Fnac Étoile. Lui et Ninounet, rayon musique et moi, rayon bouquins.

C’est justement à la Fnac des Ternes qu’en furetant dans les rayons, j’ai attrapé un dimanche matin un bouquin qui m’a énormément apporté et permis de voir mon petit rituel du Marché des Ternes d’un œil nouveau et de comprendre pourquoi il me faisait autant de bien. Ce livre est « L’ intelligence émotionnelle » de Daniel Goleman. Une bonne ambiance contagieuse, voilà ce que nous allions retrouver avec impatience tous les samedis matin. Nous allions faire le plein d’ondes positives en même temps que le plein de légumes. Nous allions aussi nous occuper de nos envies culinaires, nous prenions le temps de nous écouter et d’écouter les envies de l’autre. Nous nous faisions plaisir. « Qu’est-ce qui te tente ? » serait la phrase clef des courses au marché, la phrase agréable à entendre dans la bouche de l’autre, celle qu’on oublie souvent de se dire au quotidien. Nos réactions émotionnelles étaient positives lorsque nous faisions le marché.

En extrait je te copie la première page du livre qui, je m’en rappelle encore, m’amena après lecture à l’acheter. Je me rends compte qu’il est toujours autant d’actualité qu‘il y a quinze ans, si ce n’est plus, de rappeler l’importance de stimuler et de développer l’ intelligence émotionnelle au quotidien. Je t’invite d’ailleurs à te procurer ce livre si ce n’est déjà fait. Pour l’acheter en ligne c’est par ici.

« Cela s’est passé à New York, par un de ces après-midi d’août horriblement humides qui mettent tout le monde à cran. Je regagnais mon hôtel lorsque, en sautant dans un bus sur Madison Avenue, je fus surpris par l’amical : « Salut ! Ça va ? » que me lança le chauffeur, un Noir entre deux âges au sourire enthousiaste, accueil qu’il réservait à tous les passagers. Ceux-ci étaient aussi décontenancés que moi, mais, murés dans leur morosité, la plupart ne répondaient pas.
Cependant, tandis que le bus se faufilait dans les embouteillages, une transformation lente et pour ainsi dire magique s’opéra. Le chauffeur n’arrêtait pas de parler, commentant ce qui se passait alentour : il y avait des soldes à tout casser dans tel magasin, une superbe exposition dans tel musée, avions-nous entendu parler de ce nouveau film dont on voyait l’affiche au coin de la rue ? Le plaisir qu’il tirait des innombrables possibilités offertes par la ville était contagieux. En quittant le bus, les passagers avaient perdu leur air morose, et lorsque le chauffeur leur criait : « À bientôt ! Passez une bonne journée ! », ils le gratifiaient d’un sourire. »

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Cet article antidépresseur, plein de vitamines et délivré sans ordonnance, intitulé Cultivons notre intelligence émotionnelle a été écrit par Félicitie et publié sur Labo du Bonheur.
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