QUEL BONHEUR DE NE PAS ÊTRE UNE PRINCESSE!

Courbe de bonheur de Cendrillon

Il est important de rappeler ici à tous les parents de ne jamais lire le conte de Cendrillon à leurs petites filles. Ça a été dit des dizaines de fois mais on ne le dira jamais assez.

Tu trouveras ci-dessus la courbe du bonheur de Cendrillon.

Tu noteras que sa courbe n’est qu’ascendante. On t’a fait croire que Cendrillon resterait heureuse toute sa vie, avec cette fameuse phrase «  Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants.». Aujourd’hui, avec un peu plus de vécu, tu te doutes bien qu’après avoir eu beaucoup d’enfants, Cendri fait 20 kg de plus, et qu’elle fait certainement moins la maline aux fêtes du Château. Elle a le ventre mou, des vergetures sur les cuisses et surement des hémorroïdes après toutes ses grossesses. On ne te raconte pas non plus sa séparation difficile d’avec Charmant qui s’envoyait en l’air avec la fée marraine depuis le début de l‘histoire. Grosse perverse proxénète. On ne t’a pas raconté non plus la dépression dans laquelle Cendrillon est tombée post rupture. Le seul a t’avoir dit la vérité, c’est le chanteur de Téléphone : «♫ Cendrillon…pour ses 30 ans est la plus triste des mamans, son Prince charmant a foutu l‘camp…♫ », et tu as cruchement cru que c’était une blague, qu’il chantait ça pour faire son intéressant. Que nenni. C’était vrai.

Selon une enquète de l’Insee, les français sont plus heureux à 20 et 65 ans plutôt qu’à 40 ans.
Voici la courbe en question :

Courbe de bonheur de l'Insee en France

Pas compliqué de voir sur cette courbe, l’insouciance de tes 20 ans, les fêtes à la fac, ton entrée dans la vie active, tes premiers salaires, à cette période tu es heureux. Puis l’arrivée du Prince charmant, tes 2,01 enfants par femme, la courbe baisse, le stress du taff cumulé avec les horaires d’école totalement incompatibles, la courbe continue de baisser, tu es de moins en moins heureux. Les responsabilités, le judo du petit dernier qui finit tard, le crédit immobilier que t’as sur le dos, les problèmes qui ponctuent ta vie aux alentours de 40 ans continuent à faire baisser la courbe. Tu divorces. Les statistiques parlent encore. Madame a en moyenne 40,2 ans et Monsieur 42,9 ans. A 45 ans tu es au fond du gouffre. T’as toujours ton crédit sur le dos et en plus tu paies 3 pensions alimentaires plus une pension compensatoire car Madame ne veut pas que tu sois heureux sans elle. Tu vas mettre entre 2 et 5 ans à t‘en remettre. La courbe remonte. Tu prends tes enfants à mi-temps. Le reste du temps même sans argent, t’es pénard, tu revis. La courbe grimpe. Tu abandonnes tes idéaux et l’idée que ta vie devrait être un bonheur continu sans échecs. Tu assumes de ne pas être un Super Héros ou une Princesse. Finalement tu kiffes bien ta life. T’as de nouveaux amis, une nouvelle ou un nouveau chéri. Ça y est, t’es heureux. Ça t’as pris 50 ans. T’y es enfin arrivé. Tu vois bien que moins tu attends de l’exceptionnel dans ta vie plus tu es heureux. A 65 ans, tu n’attends plus rien, tu es heureux. A 65 ans, c’est conjoncturel, tu as plus d’argent, tu es plus serein, les enfants sont partis. Tu es même super heureux. Ouf.

Dès le départ, tu imaginais ta courbes du bonheur telle celle de Cendrillon. Une courbe ascendante. Pas une courbe en U. Quelle erreur! On t’a trompé. Et moi aussi. J’ai donc fait ma courbe du bonheur. Bon exercice. Et là! Oh! Surprise! Mais que racontent ces statisticiens? Comment peut-on être aussi loin de la courbe nationale? (Je te rassure, je suis aussi très loin de celle de Cendrillon.)
D’une main balsamique je caresse la tête de mon rejeton en me demandant un instant si je n’ai pas sous estimé le bonheur immense que me procura sa venue au monde. J’augmente légèrement la hauteur de la courbe à la période de sa naissance. Rien n’y fait. Ma courbe de bonheur ressemble aux montagnes russes de chez Disney. Ceux là même qui m’avaient conduit à imaginer que cette courbe ne cesserait d’augmenter jusqu’à ma mort. Traitres. Menteurs.

Voici ma courbe de bonheur :

Courbe de bonheur d'une fille normaleSource
Cet article antidépresseur, plein de vitamines et délivré sans ordonnance, intitulé Quel bonheur de ne pas être une Princesse a été publié sur Labo du Bonheur.
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